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Amélie Nothomb - Le Sabotage Amoureux

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Amélie Nothomb - Le sabotage amoureux

 

Synopsis :

Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Vous l'apprendrez, et bien d'autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d'un cheval qui est un vélo...

Mon avis :

Paru en 1993, "Le sabotage amoureux", second roman d'Amélie Nothomb nous raconte une étrange histoire largement autobiographique qui présente quelques ressemblances avec "La guerre des boutons". Sauf que dans le cas présent, cela se déroule dans un ghetto chinois et que les rapports qu'entretiennent notre jeune héroïne, transfuge à peine voilée de l'auteur, et l'univers qui l'entoure sont tout sauf orthodoxes. On retrouve déjà dans ce roman tous les éléments forts de l'oeuvre de l'auteure belge à commencer par son passé de globe-trotteuse, ici la Chine mais dans plusieurs autres romans ("Stupeur et tremblements", "Métaphysique des tubes") le Japon. Autre thème développé régulièrement, l'attirance pour les êtres du même sexe, le personnage principal de ce roman s'éprend d'ailleurs d'une autre fille comme le feront de manière moins directe Amélie avec Fubuki dans "Stupeur et tremblements" ou l'héroïne d'"Antechrista" pour la dite Christa. Court comme à l'accoutumée, le récit est fluide, ponctué de quelques flamboyances comme cette citation que j'ai déjà publié dans la rubrique de ce site qui y est dédié mais que je vais me faire un plaisir de vous restituer : "On se moque des enfants qui justifient leurs mauvais coups par ce gémissement : "C'est lui a commencé !". Or aucun conflit adulte ne trouve sa genèse ailleurs." Certains passages et modes de narrations annoncent déjà les bases d'autres romans à commencer par la manière qu'a l'auteure de se moquer de sa mégalomanie et de son égocentrisme enfantin, trait de son caractère qu'elle développera largement par la suite dans "Métaphysique des tubes" et qui rappelle au passage "Les mots" de Sartre même si il s'agit ici de se moquer plutôt que de règler des comptes avec soi-même. L'autre intérêt du livre est qu'il se situe dans une époque charnière pour l'Empire du milieu et que la vision que le personnage principale en donne est assez amusante, insistant sur des détails d'apparence futile comme les yaourts ou la neige qui cache la laideur du paysage. Si on sent bien qu'Amélie Nothomb n'a pas la même passion pour la Chine que pour le Japon, "Le sabotage amoureux" n'en reste pas moins une pierre angulaire dans l'oeuvre de l'écrivain car il constitue l'ouverture d'une de mes facettes préférées de l'auteur, son versant autobiographique. Que les allergiques oublient cette chronique et à ceux qui comme moi n'ont pas encore fini de lire tous ses romans, je vous souhaite une bonne lecture.


Edition : Le livre de poche
Parution : 1993